À Kindia, le nom de Mamadou Keïta, plus connu sous le sobriquet de Falcao, résonne à la fois comme celui d’un acteur politique engagé et d’un promoteur médiatique influent. 4ᵉ vice-maire de la commune urbaine sous l’ère du regretté Mamadouba Bangoura et PDG de la radio Kaniazik FM, il s’est illustré ces dernières années par une proximité assumée avec la jeunesse, ouvrant les portes de sa station à de nombreux diplômés en quête d’une première expérience dans le journalisme.
Pour beaucoup, il incarne ce pont, devenu rare, entre engagement politique local et promotion sociale. Faut-il aussi rappeler son passage remarqué dans l’univers culturel avec Bouyan Bouyan Style, un groupe qui a marqué et dynamisé la vie juvénile à Kindia ? Pas besoin car les faits sont encore vivants.
Mais derrière cette image de ” bon samaritain”, des zones d’ombre persistent. Son nom a été évoqué à plusieurs reprises dans des accusations liées à des marchés de bail, des allégations qui, à ce jour, ne reposent sur aucune preuve formelle. Dans un environnement politique souvent miné par les rivalités et les calculs, ces soupçons nourrissent autant les débats qu’ils attisent les divisions.
Puis survient le tournant. À l’approche des élections législatives, au moment où les ambitions s’affirment et les alliances se redessinent, Mamadou Keïta Falcao est brusquement écarté. Retiré de la liste du GMD sans explication officielle, celui que l’on croyait solidement ancré dans son camp découvre la fragilité des fidélités politiques.
Adulé en façade, désavoué en coulisses. Soutenu en apparence, abandonné dans les faits. Le contraste est saisissant. Cette éviction soulève une interrogation essentielle : en politique, la loyauté résiste-t-elle réellement à l’épreuve des intérêts ?
Aujourd’hui, l’homme se retrouve à la croisée des chemins. Rebondir ailleurs ? Se battre pour sa réhabilitation ? Ou tourner définitivement la page ? Mais ce qui reste évident, il reviendra plus fort encore.
Par Aboubacar Dramé, journaliste en République de Guinée.
