À l’occasion du mois de mars dédié à la célébration des droits des femmes, notamment le 8 mars marquant la Journée internationale des droits de la femme, la présidente du Réseau National des Femmes de Guinée et cheffe d’entreprise, Hadja M’balou Fofana, s’est confiée à LeVoile224.info. Dans cet entretien, elle dresse un état des lieux de la condition féminine en Guinée, tout en mettant un accent particulier sur l’accès à la justice.
Interrogée sur la célébration de cette journée en 2026, Hadja M’balou Fofana explique que celle-ci sera exceptionnellement fêtée en différé en Guinée, en raison de la coïncidence avec le Ramadan et le Carême chrétien. Toutefois, elle rappelle que cette journée reste avant tout une occasion de promouvoir les droits des femmes. 《 Le thème retenu cette année porte sur l’accès des femmes à la justice. C’est une avancée importante, car cette question a longtemps été une préoccupation majeure. Le gouvernement guinéen, à travers les différents instruments juridiques adoptés, montre une volonté de répondre à cette problématique. 》 A-t-elle souligné, saluant également les efforts de communication et les initiatives menées, notamment les ateliers de sensibilisation.
Abordant la situation globale des femmes en Guinée, la présidente du Réseau National des Femmes de Guinée note des progrès significatifs sur le plan juridique. Selon elle, le pays dispose aujourd’hui d’un arsenal de textes favorables à la promotion et à la protection des droits des femmes, tant au niveau national qu’international. Cependant, elle déplore un manque d’application de ces lois sur le terrain.《 Beaucoup de femmes ignorent leurs droits et hésitent à saisir les services compétents. Par exemple, une victime de viol peut craindre le regard de la société ou la stigmatisation de sa famille. Pourtant, sans recours à la justice, il est difficile d’obtenir réparation. 》A -t-elle regretté.
Face à cette réalité, Hadja M’balou Fofana insiste sur le rôle crucial des femmes leaders et des organisations féminines, qui doivent accompagner et encourager les victimes à faire valoir leurs droits devant les juridictions compétentes. Malgré ces défis, elle reste optimiste quant à la place de la femme guinéenne dans la société. 《 La femme occupe aujourd’hui une très bonne place. 》 A-t-elle affirmé, tout en appelant à renforcer les mécanismes d’information, de sensibilisation et surtout d’application des lois existantes.
À travers cet entretien, Hadja M’balou Fofana lance ainsi un appel à une mobilisation collective pour garantir aux femmes guinéennes un accès effectif à la justice, condition essentielle à la pleine jouissance de leurs droits.
La Rédaction
